Richard Garcia

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Richard Garcia

Berrichon d’origine, j’ai fait trois ans d’études au CET de Vierzon pour obtenir un CAP de chaudronnier soudeur. Métier imposé par mon grand-père maternel, lui-même ajusteur-outilleur (ce sont mes grands-parents maternels qui m’ont élevé).

J’ai eu grand-mal à mettre en application ce savoir faire, et ensuite à apprendre à l’aimer. En effet, mon rêve était, au sortir du collège, de « faire les Beaux Arts », ou de passer en secondaire.

A La Rochelle, j’ai découvert l’Atlantique, le monde de la voile et celui de la pêche artisanale et pris conscience des possibilités que m’offrait ce métier. Réparation navale d’abord, puis construction de bateaux à partir des plans. J’ai dessiné des chalutiers et des voiliers en vraie grandeur, au sol, afin de les construire ensuite, en acier d’abord, puis en aluminium.

Le rapport avec les couteaux, me direz-vous ? La compétence technique d’abord : je sais travailler l’acier, à la forge, à la lime, par soudure, me servir avec précision d’un marteau, aussi lourd soit-il ; réaliser les différents traitements thermiques indispensables à une lame de couteau: recuit, trempe et revenu. J’aime à être précis au niveau du dessin et j’aime associer des matières diverses, matériaux naturels comme les essences de bois, la corne, l’os de chameau, des matériaux fossiles rares et couteaux tels que l’os de mammouth, mais aussi les matériaux synthétiques modernes, pour leurs qualités de résistance et esthétique.

Présentation

Richard Garcia est un coutelier amateur d'origine berrichonne et chaudronnier de métier. Il travaille la plupart de temps par petites séries de cinq, ce lui me permet de gagner un peu de temps. Mais ils ne sont jamais tout à fait identiques, ni dans la forme, ni dans l’essence de bois choisie pour le manche, ni dans le guillochage s’il y a.

Il veut tous ses couteaux démontables, ce qui lui permet, d’une certaine manière, de les rendre inusables, car il peut ainsi changer chaque élément qui viendrait à faiblir.

 

Spécificités

Un matin d’automne 2009, je me suis soudain découvert l’envie irrésistible de m’offrir une fois encore un nouveau couteau…Pour tout vous dire, c’était à l’occasion de mon anniversaire… Et d’ailleurs, pourquoi donc faudrait-il la justifier ?

Simplement une petite envie qui passait par là et qui s’est accrochée à mes basques, pour ne plus les lâcher ! Alors j’ai ouvert Internet, comme on fouillerait dans la hotte du Père Noël, en douce, juste je temps qu’il harnache ses rennes, ou qu’il aille pisser… J’ignorais que le pauvre vieux bonhomme avait des problèmes de prostate, et que j’aurais ainsi l’occasion d’y revenir souvent !

En effet, ce n’est pas quelques heures, ni même quelques jours, mais pas moins de plusieurs semaines, qui me furent nécessaires pour satisfaire ma curiosité. Je visitai en premier les artisans couteliers français, à ma grande surprise nombreux encore, puis survolai l’Europe, l’Angleterre, les USA, le Canada, le Groenland, l’Australie, et enfin le Japon…

Sans doute y serais-je toujours, à ouvrir des blogs et des sites où chacun parle de sa passion avec talent, à lire les commentaires, combines, aventures et astuces des uns et des autres, découvrant avec plaisir mille talents différents, des techniques complexes et insoupçonnées, si je n’avais décidé que, après tout, ne serait-ce pas plus « simple » de fabriquer moi-même mon couteau ?

Avec l’aide de Lucile, ma femme, nous avons installé, dans notre petit coin de campagne où nous vivons heureux (sans avoir beaucoup d’enfants mais beaucoup de chats) un atelier en bois, ni trop grand, ni trop petit. Un ami m’a offert un morceau de rail de chemin de fer, dans lequel j’ai taillé une enclume, un autre m’a apporté un beau billot de micocoulier, puis j’ai fabriqué, d’après un plan trouvé sur le « Net », ma forge à gaz, assez rapidement remplacée par une forge de fabrication américaine destinée à la forge des fers à cheval, à gaz toujours, plus fonctionnelle et surtout moins gourmande…

Armé d’un bon gros marteau acheté aux puces, d’un marteau postillon (pour planer) et d’un marteau à boule (pour mater les axes), il me restait à faire le choix de l’acier. J’ai opté pour ceux dits de « récup », et en particulier des vieilles limes dont j’ai maintenant tout un stock, des lames de débroussailleuses, ressorts de camions… La difficulté étant, dans ce cas, de devoir détremper ces aciers, très durs, afin de les travailler : limage, perçage, polissage… Et de les retremper ensuite, la pièce finie. Avec, forcément, des résultats aléatoires, approximatifs qui plus est, dans la mesure où je ne possède pas les outils nécessaires au contrôle de la dureté obtenue. Mais, comme chacun sait, on voit très vite si une lame tient ou non le fil …

J’utilise actuellement un acier à forte teneur en tungstène le115x8, acheté en Allemagne, qui me donne grande satisfaction. Mais j’ai dû me fabriquer un four de trempe selon un plan découvert sur un forum de couteliers. La mise au point m’a pris beaucoup de temps, car j’avais 6 pages en anglais à faire traduire par des amis anglophones ! Ce four de trempe me permet d’amener le métal à des températures très précises, afin de suivre au mieux les indications du fournisseur en matière de traitements thermiques. Je sais maintenant où je vais, et quels sont les résultats…

GR ce sont mes initiales, bien sûr, mais aussi Grande Randonnée, un petit clin d’œil à mes amis marcheurs, car je suis également animateur de randonnée, et président-créateur du club de Puget-Ville, dans le Var, joliment nommé : « Varapinces ». Mais là encore, c’est une autre histoire…

J'ai donc décidé de nommer mes créations coutelière GR suivi du numéro de fabrication : GR étant mon centième couteau...

Je reste très peu outillé, et je n’ai toujours pas de backstand, cette ponceuse à bandes longues qui me ferait gagner un temps fou, tant pour le travail du métal que du bois… Mais j’avoue, n’étant pas tenu par une fabrication intensive, que je trouve plaisir à offrir du temps et de la sueur à chacune de mes créations, la regarder « grandir » et prendre forme, même si j’ai souvent des ampoules, à force de coups de marteau, des gerçures, à force de limages et ponçage répétés. C’est la raison pour laquelle je tiens à rester non professionnel, amateur, bien que je trouve le terme quelque peu réducteur. « Hobbyiste », comme on dit dans les forums spécialisés.

J’ai vendu quelques pièces, lors de ma participation à des foires diverses. A un tarif que j’estime justifié, en fonction du temps passé, car je me refuse à brader mon travail. Et j’en ai offert quelques autres, à des proches et amis. Cela m’a tout juste permis d’amortir mes frais, et c’est déjà bien.

Réalisations

GR09 GR104 GR101 102 103 GR100 GR87 GR81 GR78 GR76 GR61 GR46 GR20 GR14

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