Un peu comme tous les garçons, j’avais reçu de mon grand père un canif suisse. Toujours au fond de ma poche malgré son poids, je l’ai torturé tout au long de ces années : scoutisme, internat, montage informatique, bricolage, jardinage, chantiers archéologiques et j’en passe. Il représente une foule de souvenirs et malgré son usure et ses égratignures, j’y tenais beaucoup. Il fut temps de lui rendre hommage en le nettoyant à fond, en le regraissant  et en le repolissant un tant soit peu.

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Après m’y être attaqué, j’ai vu que les dégats étaient important et j’ai voulu le faire restaurer dans les règles de l’art par un professionnel. Voulant des plaquettes en corne, je me suis adressé directement au service clientèle du site « Mon Couteau Suisse », par mail, en espérant pouvoir combler cette envie. Le service clientèle m’a très gentiment répondu que pour un couteau d’une telle valeur sentimentale, je devais m’adresser à Mr. Michel Montlahuc. Michel Montlahuc est en fait un spécialiste largement reconnu pour son travail tant sur les Opinels que sur les couteaux suisses.

Sans connaître véritablement son travail et son talent,  je me suis permis de le contacter et d’exposer le cas de mon ancien couteau suisse.

La fourniture de plaquettes serait possible mais Michel m’informa que leur montage est cependant relativement délicat, il faut utiliser de la colle époxy 2 composants et prévoir un serrage efficace. La colle en excès doit être enlevée avant séchage complet. Il me dit aussi que les plaquettes en corne ont l’inconvénient de se rayer facilement à l’usage, l’os ou le bois de cerf sont largement préférables pour un couteau qui sert à tout. Les plaquettes custom, il ne réalise pas les logements pour les accessoires, comme Victorinox quand ces versions étaient proposées.

Néanmoins, il peut effectuer une restauration complète avec un polissage des outils et lames et éventuellement un guillochage (il en réalise une dizaine de motifs ! moi qui adore ça, je ne peux rêver mieux et un petit supplément si certains outils endommagés sont remplaçables. D’ailleurs, en ce qui concerne le remplacement d’outils par d’autres, Mr. Montlahuc m’apprends que la seule restriction c’est que ça marche par couche, il faut donc supprimer, par exemple, la loupe et le tournevis cruciforme et éventuellement les remplacer par une autre couche d’un 91 mm. Le talon de chaque outil et son ressort correspondant ont une forme spécifique.

J’avais aussi posé la question de l’ajout de « thumbstud » pour ressembler aux couteaux multi-lames de chez Mongin. Michel Montlahuc m’a expliqué pourquoi ce n’étais pas vraiment possible : « en plus de la difficulté de réalisation, ça pourrait gêner à l’utilisation des outils. Surtout, les outils étant trempés le perçage nécessite des forets au carbure de tungstène et le taraudage est impossible. L’ergot devrait être riveté. Ça fait beaucoup de contraintes« .

Le Swisschamp restauré par Michel Montlahuc

Je vous laisse admirer ce couteau restauré et les détails réalisés par l’artiste. Attention, comme il y’a tempête, ce sont des photos prises en intérieur :

  • Fr@nk

    Résultat a la hauteur de tes attentes !

  • Michel est en plus quelqu’un de formidable humainement parlant, même si je n’ai conversé avec lui que par mail pour les modifications et la restauration du couteau : il est à l’écoute et pour le guillochage, je lui avais donné carte blanche en toute quiétude.